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Paiement en ligne : Stripe, PayPal et la vérité sur les frais

Avatar de Sofiane Berger

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4 min de lecture

La question revient à chaque ouverture de boutique en ligne : combien va vraiment coûter l’encaissement des paiements par carte ? La réponse affichée sur les pages tarifaires de Stripe ou de PayPal paraît simple, une commission par transaction, mais la facture réelle en fin de mois cache toujours quelques lignes qu’on n’avait pas anticipées.

La commission affichée n’est qu’une partie de l’histoire

Stripe et PayPal annoncent tous les deux une commission par transaction composée d’un pourcentage et d’une part fixe, prélevée sur chaque paiement encaissé. Sur le papier, les deux prestataires sont proches. Dans la pratique, les frais varient selon le type de carte utilisée par le client, sa nationalité et le montant de la transaction : un paiement par carte étrangère ou par carte premium coûte presque toujours plus cher qu’une carte française classique, sans que la boutique n’y puisse grand-chose.

Ce que change la DSP2

Depuis l’entrée en vigueur de la DSP2, la directive européenne sur les services de paiement, la plupart des paiements en ligne au-dessus d’un certain montant exigent une authentification forte du client, généralement via 3D Secure. Concrètement, le client reçoit un code par SMS ou valide le paiement dans son application bancaire avant que la transaction n’aboutisse. C’est une étape de plus dans le tunnel d’achat, et elle fait parfois abandonner un panier à un acheteur pressé ou mal connecté. Un site marchand bien réglé doit intégrer 3D Secure proprement, sans redirection cassée ni page blanche : c’est souvent là que je trouve le vrai problème quand un client se plaint de ventes perdues au dernier moment.

Le délai de versement, l’angle mort de la trésorerie

Le point le moins regardé, et pourtant le plus concret pour la trésorerie d’une petite structure, c’est le délai de versement : le temps entre le paiement du client et l’arrivée réelle de l’argent sur le compte bancaire de la boutique. Selon le prestataire et l’ancienneté du compte, ce délai va de deux jours à une semaine, parfois plus au démarrage, le temps que le prestataire évalue le risque. J’ai vu des commerçants découvrir ce délai au pire moment, en pleine période de forte activité, alors qu’ils comptaient sur cet argent pour payer un fournisseur.

Les abonnements, un cas particulier

Pour une structure qui vend des abonnements plutôt que des produits ponctuels, la question des frais se corse encore : chaque prélèvement mensuel déclenche sa propre commission, et un échec de paiement, carte expirée ou plafond atteint, doit être géré par un système de relance automatique sous peine de perdre des clients sans même s’en rendre compte. Stripe et PayPal proposent tous les deux des outils pour retenter un prélèvement avant d’abandonner l’abonnement, mais la configuration par défaut n’est pas toujours la plus indulgente pour le client, ce qui mérite d’être vérifié dès l’installation plutôt que découvert au premier impayé.

Choisir entre les deux, ou cumuler

Beaucoup de boutiques proposent les deux options côte à côte plutôt que de trancher. PayPal rassure une partie des acheteurs qui connaissent le service depuis longtemps et qui préfèrent ne pas ressaisir leur carte sur un site inconnu. Stripe s’intègre plus finement dans le tunnel d’achat et laisse davantage de contrôle sur l’apparence du formulaire de paiement. Cumuler les deux a un coût de configuration, mais cela rassure une frange de clients qui, sinon, abandonnent leur panier faute de retrouver leur moyen de paiement habituel.

Avant de signer avec un prestataire, demandez toujours la grille de frais complète, pas seulement le pourcentage mis en avant sur la page d’accueil : les frais de change, les remboursements, les litiges et les rétrofacturations ont chacun leur propre ligne, souvent absente du comparatif rapide.

Le choix du prestataire de paiement s’articule aussi avec le reste de la boutique : un catalogue mal structuré ou un référencement qui n’amène pas les bons visiteurs rendra n’importe quel taux de commission secondaire. Et si le site tourne sur un hébergement fragile, la meilleure intégration de paiement du monde ne servira à rien le jour où le serveur tombe pendant une vente.

Pour aller plus loin sur le cadre réglementaire, l’article Directive sur les services de paiement de Wikipédia détaille les obligations issues de la DSP2, et la Banque de France publie régulièrement des points sur la sécurité des paiements en ligne.


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